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samedi 16 juin 2018

The Promised Neverland


   Emma et ses amis, tous orphelins, ont été placés dans un établissement spécialisé lorsqu'ils étaient tout jeunes. Bien que leur liberté soit limitée et que les règles soient parfois un peu strictes, ils mènent une vie agréable tous ensemble et la femme qui s'occupe d'eux est généreuse. Cependant, une question anime Emma et tous les autres : pourquoi n'ont-ils pas le droit de sortir de l'orphelinat ? À quoi sert le tatouage sur leur cou et tous les tests d'aptitude qu'ils passent ? Une terrible vérité éclate rapidement, mais comment fuir un tel lieu ?...



Avis de Farrel 3/10

   Sans doute suis-je dur, mais il y a un moment où je dis "non". L'originalité ne fait pas tout. The Promised Neverland est un manga qui dispose d'un Lore très sympathique, d'un background riche et de bien des qualités, surtout au niveau de la mise en scène et du suspens... durant ses premiers chapitres.

   Car non, clairement : non. Le manga est trop long. Il s'étire à l'infini (comme du beurre qu'on aurait étalé sur une tartine trop grande ?), usant de mauvais artifices pour rallonger totalement artificiellement sa longueur. 

   Et le pire dans tout ça ? La finalité, que l'on attend avec impatience (qui a dit "lassitude" ?) est... bâclée, mauvaise, d'une affreuse banalité. Une catastrophe, en somme, que j'ai abandonnée. Certainement dans mon flop de l'année.





Avis de Mishakal 7/10

   Au bout de 90 Chapitres, j'abdique... Non, vraiment, c'est trop... Il y avait de bonnes idées, un scénario prometteur axé sur la survie d'enfants, relayés à la fonction de bétail pour des Démons qui s'en délectent. Une ferme d'élevage déguisée en orphelinat. Mais franchement... 35 Chapitres pour qu'ils quittent ce putain d'orphelinat... C'est looooong...! 
   Mais j'ai tenu bon. Je me suis dit, voyons ce qu'il y a derrière, l'aboutissement final. Toutes les créatures extérieures, la faune et la flore qui deviennent dangereuses, ok. Trouver la base souterraine de William Minerva, ok. Et ensuite ?
   Bah... Emma se fait capturer dans le terrain de chasse dans lequel Shelter a perdu ses potes. Et ça dure, mais ça dure... Le combat contre Lewis tient tant de chapitres que je me serais crue dans DBZ...
   Ouais, non... Ça m'a suffi. Et c'est dommage, parce que je me suis bouffée 20 chapitres en 2 jours. Il y avait l'ambiance, le suspens, le fond glauque... Norman qui m'a beaucoup plu, en brillant d'intelligence. Puis cette longueur de merde qui dégoûte du manga... Vraiment dommage... Je suis déçue. L'animé attendra.

mercredi 13 juin 2018

The Legendary Moonlight Sculptor


Synopsis

   Un jeune homme nommé Lee Hyun, meurtri par la société et esclave de l'argent, est connu comme le légendaire "Dieu de la Guerre" dans un très populaire jeu de MMORPG intitulé "Continent de la Magie". Ayant atteint la majorité et souhaitant obtenir de l'argent, il décide de mettre en vente son avatar. Seulement, il ne s'attendait pas à ça ! Son personnage est vendu pour 3,1 milliards de wons.
   Cependant, sa joie est de courte durée car il se fait extorquer par des usuriers sans scrupules.
   Décidé à recommencer cet exploit, il s'inscrit sur le premier jeu de réalité virtuelle, le MMORPG "Royal Road", afin de vendre son nouvel avatar à un prix tout aussi conséquent et faire de son créancier son sous-fifre.



Avis de Farrel 8/10

   Je ne lis pas beaucoup de mangas. Sans doute à cause de mes années d'adolescent où je les collectionnais littéralement. Allez savoir. Toujours est-il que je me suis lancé sur The Legendary Moonlight Sculptor avec une pointe de réticence non feinte. À tord.

   Histoire passionnante, personnage attachant, plot de base totalement génial ; ce manga nous promet de grandes aventures à travers un monde vidéoludique très bien fait et complet. J'ai particulièrement été touché, en qualité de gamer, par les différents pop-up très MMO qui ponctuent l'aventure.

   Alors pourquoi seulement 8 ? Eh bien tout simplement parce que le format "Webtoon" ne me sied pas, mais alors pas du tout. Et, comme le dira avec plus de détails Misha, le second illustrateur est bien plus mauvais que le premier, ce qui casse un peu le rythme et l'immersion de ce manga magnifique.

   Si ce genre de choses ne vous rebutent pas, je vous incite très fortement à vous y plonger. Vous serez agréablement surpris.





Avis de Misha 9/10

   Après avoir lu 73 Chapitres, j'estime qu'il est temps que j'en fasse une fiche ! The Legendary Moonlight Sculptor qu'est-ce que c'est ? Un Webtoon très sympa ! C'est quoi un Webtoon ? Une BD gratuite qui se lit en scrollant. Je précise que je déteste scroller (faire défiler les planches vers le bas), mais comme le découpage dispo équivalait à un manga standard, j'ai pu lire ! C'est presque toujours en couleurs et c'est le cas ici.



   Je lui mets 9 parce que la saison 2 est dessinée par un autre illustrateur et je n'aime pas du tout... Autant la saison 1 avait une patte graphique vraiment intéressante avec un joli jeu de couleurs et surtout des lieux détaillés, autant la deuxième se force à créer des paysages, à court d'idées. C'est débile. Regardez ce superbe décor ! C'est du gâchis de jeter aux oubliettes cet illustrateur... J'aimais vraiment la qualité de son travail et son investissement...

   Tout le scénario tourne autour de la Classe de Sculpteur au Clair de Lune avec des Quêtes croisées qui se complètent. C'est plein d'humour, la mise en page des quêtes est juste excellente avec les parchemins, les récompenses, points de renommée etc...




   Donc pour reprendre la saison 1, une véritable pépite. J'ai voyagé avec elle, et surtout j'ai ri ! Qu'est-ce que j'ai ri ! Voici une photo que j'ai prise d'une scène très marrante ! Le cheval teigneux que Weed a nommé très justement "Salopard" refuse de l'emmener au village le plus proche pour qu'il achète un antidote. De fait il se coupe et fout sa main dans la bouche de Salopard qui subit l'altération Poison à son tour. Ce pauvre cheval fait pitié sur la fin, il s'en sert de chair à canon quand ses potes ne partent pas en quête avec lui.

   Je pense aussi à la référence à Civilisation 5 quand le piaf leur souhaite la bienvenue en boucle, la femme du maître d'armes, la tête de Weed quand il apprend que le clerc envoyé avec lui a un niveau qui dépasse largement le sien, ainsi que sa renommée. La scène censurée avec l'artiste martiale. Et puis tellement de séquences que j'en oublie, c'est clair, surtout que je l'ai bouclé le mois dernier, et on finit par oublier alors je me motive à taper ces lignes !

   Ce webtoon a un point fort : le découpage des planches colorés des attaques spéciales. Quand il lance Cisèlement ou encore l'Escrime de l'Empereur. Vraiment beau, fluide, captivant.

   Weed est un perso qui fait monter toutes ses stats, en tout. Premiers soins, cuisine, identification, sculpture (la base, c'est sa classe quand même) et se donne même la peine de frapper le même mannequin pendant des heures et des heures d'affilée pour augmenter sa force avant de passer niveau 2. C'est un gars brillant qui a passé du temps à s'informer et s'améliorer pour que son avatar obtienne la meilleure enchère possible.
   J'ai trouvé le début triste. Le fait qu'endetté, on est qu'une pauvre merde. J'ai vraiment compati pour lui. Et quand le scénario a commencé, là j'ai été happée ! Toutes ces couleurs, ces paysages, cet humour et ces personnages ! Très jolie fin de saison 1 au passage. Avec sa compagne du moment qui accepte l'opération et affronte sa vie réelle. Weed alors seul, sculpte sa rencontre avec elle, quand il l'a découverte endormie en gravant "En souvenirs de ces moments".
   Un régal ! Je lirai la suite même si le graphisme me déplaît à présent.

lundi 7 mai 2018

Bungaku Shoujo



Synopsis

   Konoha Inoue est un auteur publié sous le nom de plume de sa petite amie qui s'est suicidée devant lui. Après cet événement, il a décidé de ne plus jamais écrire. Jusqu'à ce qu'il rencontre un Yokai mangeur de livres : Tôko Amano "La Fille littéraire". Elle le convie dans son club de littérature en exigeant qu'il lui rédige de petites histoires pour qu'elle puisse les manger ensuite.
   Une lettre écrite dans le style d'Osamu Dazai les inquiète. Visiblement un élève compte se suicider et un secret lié à plusieurs membres du club de kyudo fait resurgir deux morts, en lien avec l'enquête.


Avis de Farrel : Euh.... /10

   Je n'ai pas lu le manga, juste vu l'animé qui en était tiré. Je parlerai donc de ce que je connais, et... franchement... WHAT ?!
   Non parce que dans l'animé... comment dire... À AUCUN moment on ne nous précise que l'héroïne est une Yokaï. Non, non... c'est une adolescence un peu perturbée qui... mange du papier. Voilà.
   Bienvenu sur Internet, gars !





Avis de Mishakal : 8/10

   Ce manga souffre de longueurs et d'un graphisme plutôt moche. Mais à côté de ça, on sent la passion des livres... L'auteur les aime et les dépeint à travers les sensations de Tôko : "C'est comme si je mordais des tomates ou des concombres fraîchement cueillis !" Elle n'arrive pas à ressentir le goût des aliments, alors elle les imagine à travers les descriptions dans les livres, sa seule nourriture par ailleurs.

   J'ai réécrit le résumé, parce que ceux qu'on peut trouver sont tous pourris. Je me doute que la plupart des lecteurs se sont arrêtés dès le début, sans chercher à creuser. Et d'habitude c'est ce que je fais aussi, je ne suis pas indulgente. Mais j'ai senti cet amour des livres, dès le début. Alors je lui ai donné une chance, malgré son graphisme et sa lenteur.

   Toute l'enquête autour de S est intéressante. Le ton du manga est grave mais se pare de toutes sortes de senteurs, de sensations, à travers les auteurs cités. Des bribes d'histoires gourmandes, tantôt acides, tantôt sucrées ; que Tôko dévore.
   Le héros est torturé, marqué par le suicide de sa petite amie qui lui a dit avant de sauter "Tu ne peux pas comprendre." Tout comme il ne peut comprendre les œuvres de Dazai.
   C'est un manga très profond et j'aurais aimé qu'il aille plus loin, mais l'enquête est très bonne, les personnages bien construits. Ils ont sorti un film, mais à mon goût il ébranle bien trop le manga par le retour d'un personnage qui choque tout le monde...

   J'ai aimé les paroles sensées : "Tu ne peux pas nous quitter, ce serait une honte de n'avoir lu que Ningen Shikkaku avant de mourir. Dazai a écrit tellement d'histoires fabuleuses, tu dois au moins toutes les lire pour partir en paix. Il y a d'autres belles histoires, tu ne peux mourir sans avoir goûté à ces petits bijoux."
   Pour moi qui suis dépressive, j'y trouve un écho. Vivre de merveilleuses histoires pour se raccrocher. Peut-être que c'est pour ça que j'ai 130 livres à lire, qui sait ? En tout cas, ce manga m'a beaucoup marquée, m'apportant des messages d'espoir, des saveurs, de la sérénité. J'en garde un bon goût en bouche rien qu'en y pensant. Je le recommande aux amoureux des livres qui voyageront avec lui.

mardi 5 décembre 2017

Spirale


Synopsis

   La petite ville de Kurouzu peut sembler bien tranquille, mais une mystérieuse obsession concernant les spirales va commencer à rendre les habitants fous à lier.
   Kirie et son petit ami Shuichi vont en subir les conséquences et perdre tour à tour des êtres qui leur sont chers, finissant complètement consumés par la malédiction qui touche le village.
   Quel abominable secret peut-il se cacher derrière ces mystérieuses spirales qui font perdre la raison à tous ceux qui les contemplent ?
Avis d'Ignus 10/10


Depuis que j'ai lu Spirale, y a des spirales dedans ma tête... Y a des spirales dedans mon corps... Y a des spirales dedans mes rêves... Y a des spirales dedans mes mouchoirs... Y a des spirales partout... Et je crois qu'une de mes personnalités s'est suicidée...
Junji Ito c'est crade, mais une chose est sûre : c'est qu'il n'usurpe pas son titre de maître de l'horreur.
























Avis de Mishakal 10/10

   Ah Spirale ! Je le relis 14 ans plus tard par pur plaisir ! Junji Ito est le maître incontesté de l'horreur. Il part loin, sans complexes ni tabous. C'est de l'horreur qui met mal à l'aise, malsain à souhait. Ses univers sont toujours très inspirants, mais attention quand on commence on se doit de terminer rapidement car l'esprit cogite en se demandant comment ça va finir.

   Je n'ai pas envie de spoiler. Aussi je vous laisse découvrir ce chef-d'œuvre. Tout Otaku (pas dans le sens péjoratif hein) qui se respecte, doit lire Spirale. Il est dérangeant, crade, mais avec un super scénario. Franchement je n'ai rien à reprocher du tout, il mérite son 10.
   Tout est bien agencé, il a beau dater, il vieillit bien. J'adore la patte de Junji Ito qui sait instiller l'horreur sous diverses formes et il y aura forcément un passage qui vous révulsera plus qu'un autre. Il est doué pour ça.

   Pour en revenir à l'histoire elle-même : la ville de Kurouzu est victime d'une sorte de malédiction liée à la spirale. Les gens se transforment et deviennent fous. La décadence diffère à chaque fois et le grotesque vient s'implanter pour parer l'horreur avec ce qu'il y a de plus sale. La planche que j'ai postée ici n'est qu'un échantillon. Et j'avoue que le passage où le médecin ouvre le ventre de la parturiente pour remettre le bébé déjà né à l'intérieur afin qu'il continue d'y grandir est vraiment très sale...

   Le fin mot de l'histoire reste cohérent, ce qui donne à l'histoire une saveur toute particulière. Et relire ce manga m'a fait grand plaisir. J'avais oublié pas mal de passages et j'ai adoré les redécouvrir. Une lecture avide qui se lit presque d'une traite.
   Plongez dans l'horreur, vous y découvrirez des scènes qui ne vous laisseront pas indemnes !

samedi 2 décembre 2017

Haikyo Shoujo


Synopsis

   Recueil de 4 histoires de Nao Tsukiji :

   1. Haikyo Shoujo (Ruin Girls)
   2. Ongaku ga Mieru Otoko (The Man Who Can See Music)
   3. Tansu Shoujo (Chest of Drawers Girl)
   4. Boushi no Ue no Oka (The Hill Above the Hat)


Avis d'Ignus Pas de note

   Pas lu.


Avis de Mishakal 6/10

   Ce one-shot n'est clairement pas abouti. Et bourré d'illogisme... Je vais citer La Fille dans la Commode. On apprend qu'elle se faisait enfermer dans une commode quand elle était enfant et a développé une psychose. Depuis elle ne se sent bien qu'à l'intérieur. Soit, je veux bien que les services sociaux soient passés à côté de son cas. Sauf qu'elle est scolarisée (son uniforme en témoigne) et qu'elle vit avec sa sœur dans des ruines. Incohérent donc.

   On sent que l'auteure a beaucoup d'imagination et qu'elle est vraiment douée pour créer une atmosphère singulière avec des décors oniriques et improbables. Mais l'illogisme gâche le tout. Un manga doit avoir une saveur qui mêle scénario et illustrations pour une harmonie qui invite le lecteur à s'évader. Malheureusement ici il n'y a que la 4ème histoire qui est bonne et aboutie. Celle du Chapelier funèbre qui se hisse dans la noblesse, dans un monde où tout le monde porte des chapeaux. Il arrive avec son assistante dans les Ruines infinies et le gardien exige qu'il confectionne des chapeaux à toutes les âmes damnées qui y vivent sous trois jours, sans quoi il restera enfermé là à tout jamais. Il se remémore alors sa mère qui créait de beaux chapeaux pour les défunts, pauvre mais créative et pleine d'humilité.
  Ainsi il va fabriquer des chapeaux selon le passé de chacun, jusqu'à trouver 6 femmes ressemblant à sa mère si elle avait pu vieillir suffisamment. Il voit la sortie mais leur accorde à chacune un beau chapeau. Elles se transforment alors et lui accordent un vœu. Le Gardien devient la divinité du Printemps à venir et ils sortent enfin de ce labyrinthe avec ce dernier plan : ils sont sur le chapeau qu'il destine à sa mère, le Printemps renaissant sur sa tête.



   Si les 4 Chapitres avaient été aussi bon que le dernier, il aurait mérité une bonne note. Malheureusement toutes les incohérences et l'illogisme viennent gâcher le tout, alors qu'on sent que Nao Tsukiji a un univers riche, plein de monuments fantasques, de créatures ailées, d'instruments merveilleux... J'espère qu'elle s'améliorera parce que ce dernier chapitre m'a plu.

mercredi 1 novembre 2017

Ayeshah's Secret


Synopsis

   Ayeshah est une jeune fille au destin tragique : sa mère est morte peu après lui avoir donné naissance et quelques années plus tard, son père se remarie à une femme ayant déjà 3 enfants.
   À partir de là, sa vie se retrouve rythmée par les brimades quotidiennes de sa belle-mère et de ses demi-frères. Les années passent et la jeune fille grandit, devenant de plus en plus belle, ne laissant plus ses frères indifférents à son charme.
   Au rythme des décès qui surviennent, Ayeshah offre une image très différente d'elle-même...


Avis d'Ignus 6/10

   Suite à la lecture et à la critique dithyrambique que Misha me faisait de cette œuvre, je me suis finalement décidé à m'y plonger bien que la lecture de mangas papiers ne soit guère mon fort. J'y ai effectivement découvert quelque chose de fort sympathique bien que, selon moi, il "manque quelque chose" qui pourrait se résumer en une seule et unique phrase :

   Écrire un scénario, c'est un travail.

   Nombreux sont les dessinateurs qui pensent (à tort) que l'on peut se passer d'un bon auteur pour l'aider à travailler sur le manga (ou le comics, bien que cela soit plus rare). Malheureusement pour eux, les lacunes se font rapidement sentir. Et c'est parfaitement le cas de Ayeshah's Secret.

   Soyons clair : graphiquement ce manga est impressionnant et magnifique. La plupart des planches sont un vrai délice pour les yeux, une caresse pour la rétine autant que pour l'âme. C'est tout simplement GRANDIOSE, une œuvre d'art à chaque page qui, parfois, nous laisse à nous demander s'il s'agit véritablement de dessin. Le photoréalisme n'est pas gênant contrairement à d'autres travaux, tout au contraire.

   Par contre côté scénario... Je tiens à vous prévenir, je vais devoir spoiler. Donc si vous désirez garder le peu d'informations et de pseudo suspens, allez donc le lire. Sinon, vous êtes les bienvenus sur la suite.



   Ayeshah's Secret nous plonge dans un pseudo-Cendrillon du plus bel effet en pleine époque Victorienne. La marâtre a trois fils au lieu de filles, mais sinon globalement l'histoire se veut la même... En plus sombre et avec une tournure assez morbide.

   Clairement, l'intérêt décolle à partir du 5e chapitre. Les 4 premiers ne sont qu'une séquence d'exposition mille fois trop longue et brouillonne, qui ne s'attarde pas sur l'essentiel et ne permet pas clairement de comprendre toute l'ampleur du tourment de la jeune Ayeshah. C'est dommage.

   On y découvre les premiers éléments scénaristiques très mal mis en scène. Dans l'ordre : la conception et la grossesse de la mère d'Ayeshah qui sont foutrement mal exprimées (j'ai personnellement compris, tel que les faits sont exposés, que sa grossesse a duré 21 mois. Ce n'est qu'en en discutant avec Misha que j'ai finalement compris que non, ils ont juste eu beaucoup de mal à la concevoir). Vient ensuite le principal problème du manga : le manque de logique scénaristique qui va devoir avoir droit à sa GROSSE zone "Spoil".
SPOIL

   On découvre à la fin qu'Ayeshah avait une sœur jumelle. Okay, très bien. J'accepte, plusieurs indices sont là tout du long pour étayer cet état de fait. Oui mais, FOUTREMENT MAIS :
   - Pourquoi on ne voit pas les deux enfants lors de l'accouchement ?
   - Pourquoi la mère ne donne pas de nom à sa deuxième fille (on n'apprendra jamais son prénom).
   - Pourquoi le père n'en parle pas, même lorsqu'il est malade et en chaise roulante ?
   - Pourquoi le testament ne parle QUE d'Ayeshah et pas de sa sœur ? On l'emmerde ?



   Alors d'accord, c'est ainsi pour éviter que le lecteur n'apprenne la vérité trop tôt. Mais il y aurait eu bien des manières de mettre les choses en scène sans multiplier les incohérences bienheureuses....

   Autre point qui m'a fortement troublé : tout le déclencheur du bordel final, c'est la mort du fiancé d'Ayeshah (l'un de ses demi-frères, l'aîné, empoisonné à la place de la jeune ingénue lors d'un banquet). À la fin, on découvre donc que tout ceci est... Une erreur. Sean à changé le marquage de l'assiette afin que celle qui était réellement empoisonnée soit distribuée à quelqu'un, au hasard. Euh... Non ? Cela contredit totalement sa personnalité et ses désirs, lui qui subitement devient proche de son frère. Et surtout, ça apporte un côté aléatoire encore une fois qui n'a pas sa place ici. Parce qu'en gros, si cela n'avait pas été le cas, Ayeshah aurait épousé son aîné et vécu des jours heureux. Fin. Avec une trentaine de convives, c'est quand même un heureux hasard pour le scénario.

   Il aurait en effet été si simple pour Sean de simplement changer les assiettes pour assassiner son frère. Cela aurait été TELLEMENT plus logique !
FIN DU SPOIL

   Bon je vais arrêter le spoil ici, en même temps que cette fiche. Il y aurait encore tant à dire sur les erreurs de débutant commises par l'auteure qu'il est inutile de s'y attarder. J'ajouterai seulement le manque flagrant de personnalité et de profondeur des personnages. Seul Sean est vraiment développé. Tous les autres sont des archétypes, des clichés sans saveurs.

   En bref, Ayeshah's Secret est un Flop total côté scénario, mais un grand succès graphique. À vous de voir ce que vous préférez.


Avis de Mishakal 9/10

   Si je dois mettre un visage à la beauté, ce serait certainement ici. C'est le graphisme qui m'a tout d'abord attirée. Quelle belle couverture. Et oh surprise, chaque planche est façonnée avec une minutie parfaite. Perfection. Cette maîtrise de l'ombre et de la lumière donne un rendu qui fait penser au fusain et à la photographie tout à la fois.


   Habituellement les mangakas donnent le meilleur d'eux-mêmes pour la couverture et le chapitrage. Ici il n'en est rien. Chaque case est de toute beauté. Il y a un soin tout particulier à tout sans exception, aussi bien les décors que les personnages avec un relief vraiment unique que je n'avais encore jamais vu dans un manga/manhua.
   Le travail sur les expressions faciales est prodigieux... L'émotion est saisissante. L'auteure (manhuajia comme on dit) maîtrise son crayon en nous offrant un scénario sympathique.
   Mais... Bien que j'ai adoré vivre cette histoire de sang, de neige et de servitude ; la fin n'a pas comblé mes attentes.
 
SPOIL
 
   J'aurais aimé voir la relation entre Silvia et son époux. On comprend à quel point c'est tendu après son adultère mais rien de plus.
   La fin a été bâclée. Nemo la narre en seulement quelques lignes. C'est malheureux mais on a le sentiment que le nombre de planches maximum était atteint et que c'est la raison pour laquelle ça se termine comme ça.
 
FIN DU SPOIL



   Sans cette fin, j'aurais mis 10. Parce qu'il est sublime et invite à frôler chaque protagoniste dans sa perfection la plus totale.
   Qu'on le compare à Cendrillon est absurde. Ses demi-sœurs couchent avec ? Bien sûr que non... Et est-ce que sa marâtre attente à sa vie ? Là encore non, car elle veut la garder en tant que boniche.
     Silvia voue une haine beaucoup plus viscérale à Ayeshah. C'est malsain et maladif. Plus elle devient femme et plus ses fils la désirent, lui transférant tout l'amour qu'ils portaient à leur mère à cette jeune femme qui fût l'objet de leur médisance.

   Je n'ai pas mis le fin mot de l'histoire dans le spoil parce qu'il mérite d'être lu en gardant la petite surprise à la fin. Bon on s'en doute un peu, il y avait plein d'indices.
   Bonne lecture !